ROMAE et AVGVSTO :
à ROME et AUGUSTE

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Buste possible du divin Pertinax
Restitution virtuelle d’une représentation possible du divin Pertinax.
(Modification d’une photographie de Codrin.B, licence CC BY-SA)

Le divin Pertinax

Principat : janvier à mars 193

Vainqueur d’une révolte en Grande-Bretagne, Pertinax a tenté de réformer les maux auxquels l’État était sujet sous son prédécesseur, le mégalomane Commode. Un Ligure d’origine, Pertinax ne pouvait se vanter d’une lignée noble. Pourtant, il s’impose par sa sagesse, la force de son caractère, et la liberté de pensée que son principat signale. Chose remarquable, Pertinax jouit de la faveur à la fois du Sénat et du peuple, en fait de presque tout le monde sauf ceux qui, comme la Garde prétorienne, avait profité de la tyrannie de Commode. Ce sont ceux-ci qui l’assassinent, moins de trois mois après sa succession. Le peuple reste fidèle à sa mémoire tandis que le Sénat est contraint à approuver l’aventurier qui vient d’acheter la loyauté des prétoriens.

Selon l’anonyme Abrégé des Césars, le peuple a célébré sa mémoire en s’écriant :

Pertinace imperante securi uiximus, neminem timuimus, patri pio, patri senatus, patri omnium bonorum
« Sous l’empire de Pertinax nous avons vécu dans la sécurité ; nous n’avons craint personne : gloire au père le plus pieux, au père du sénat, au père de tous les bons citoyens ! »Epitome de Caesaribus 18, traduit par N. A. Dubois, 1848.

Septime Sévère aura le mérite de venger la mort de Pertinax, mais ce sera là l’acte d’un nouveau prince à la recherche de la popularité. Le trop bref règne de Pertinax apparaît donc comme une heureuse lacune entre les excès de Commode et le despotisme des Sévériens.Zosime et Ammien Marcellin peuvent nous renseigner un peu sur la période de Pertinax, d’autres mentions se trouvent dans les trois récits issus de la Kaisergeschichte, mais nos sources sont largement insatisfaisantes.

Date de naissance : 1er août


Postume (antoninianus)
Le divin Postume.
(Modification d’une photographie de Maximus Rex, licence Creative Commons)

Le divin Postume

Principat : 260 à 269

On aurait voulu honorer ce prince excellent même s’il n’était pas, pour ainsi dire, un des nôtres. Face à la l’implosion du pouvoir central et la menace constante des invasions barbares, le divin Postume a su réédifier un empire en Gaule, pour la Gaule. Il avait sa capitale (d’abord Cologne), son hôtel de monnaies (à Trèves), son Sénat, son armée. Postume a adopté les titres et les honneurs du pourpre, sans vouloir semer la guerre civile en s’avançant vers Italie. Ses forces ont défait leurs ennemis germaniques et ont rétabli la paix et le salut des Gaules (non moins que ceux de la Grande-Bretagne et de l’Espagne, où l’on avoue également l’autorité de Postume). Postume laisse la vie en tâchant de préserver la ville de Mayence (fief d’un usurpateur défait) du sac par ses propres troupes. Le bien-être de son pays avait été la préoccupation constante de cet empereur, oublié de l’histoire pour ne pas avoir contraint le Sénat à Rome de le reconnaître.Le monographe de J. F. Drinkwater (1987), The Gallic Empire, résume bien les évidences disparates pour l’Empire des Gaules, y compris la numismatique.

Postume serait né à Deusone, peut-être à identifier à Diessen dans l’actuel Brabant-Septentrional (Pays-Bas), donc au pays des Nerviens.Regionaal Archief Tillburg, “Romeinen in Deusone”.

Date de naissance : inconnue

Date de fête : on peut le fêter le 10 décembre, date où commence le tribunat, car on sait que Postume a célébré le quinquennat de son pouvoir tribunal en 265–266 avec beaucoup d’éclat.J. F. Drinkwater (1987), The Gallic Empire, pp. 93–95.


Le divin Probus
Le divin Probus.
(Modification d’une photographie de Marie-Lan Nguyen en domaine public)

Le divin Probus

Principat : 276 à 282

Parmi la succession de princes sinistrés et d’usurpateurs de la crise du IIIe siècle, le divin Probus occupe une place honorable. Certes, il n’est pas le seul à mériter la mémoire de la postérité (les trois Gordiens, Dèce et Tacite étaient tous des hommes de vertu) ; mais il nous intéresse particulièrement pour ses services à la Gaule. Comme le divin Tacite, Probus a continué l’œuvre réunificatrice d’Aurélien, mais sans la sévérité excessive que l’on reproche à ce dernier. Après avoir sécurisé son accession, Probus avance contre les Francs et les Alamans qui exécutaient des razzias à travers la Gaule à la suite de la mort de Postume. Il s’attaque aussi aux Burgondes et aux Vandales, actifs sur la limes danubienne. Probus défait chacun de ces groupes (auxquels il se révèle un vainqueur magnanime) et prend des mesures pour renforcer la frontière. Il défait aussi les usurpateurs Proculus et Bonosus, qui menaçaient la paix en Gaule, et rectifie une manque de main-d’œuvre en Gaule en y établissant des bandes de laboureurs barbares. Probus est assassiné par ses propres troupes lors de l’usurpation de Carus.Pour l’epoque du divin Probus, le récit de Zosime contient des détails utiles.

Date de naissance : 19 août environ


Le divin Julien
Le divin Julien.
(Modification d’une photographie de Heinz-Joachim Krenzer en domaine public)

Le divin Julien

Principat : 360 à 363 (césar occidental : 355 à 360)

Malgré la brièveté de son règne, le divin Julien figure parmi les empereurs les plus remarquables de l’histoire romaine. Conquérant militaire, réformateur civil, philosophe, il aurait mérité les plus hautes louanges même s’il n’avait pas la hardiesse de s’opposer aux prétentions de l’Église chrétienne, qui dominait alors la maison impériale et l’État. Dans une âge où le luxe et la cérémonie de la cour avait atteint les plus hauts extrêmes de volupté à l’orientale, Julien était modeste ; il buvait et mangeait peu ; il préférait la simplicité de la caserne à la somptuosité du palais. Une des villes qu’il aimait mieux est une bourgade rustaude, mais bien située, du nom de... Lutèce. Ses projets de réorganiser la religion polythéiste (qualifiée de son vocable de ἑλληνισμός ou « hellénisme ») ne pouvaient fructifier grâce à son décès trop prématuré. Il se considérait comme la réincarnation du divin Alexandre le Grand. Au milieu d’une campagne victorieuse en Perse, il est mort en martyre, frappé probablement par la lance d’un de ses propres soldats (un Chrétien, à en croire la rumeur).Ammien Marcellin consacre une bonne partie de (ce qui reste de) son Histoire à la carrière de Julien ; le récit de Zosime est détaillé aussi. En outre, plusieurs œuvres du divin prince survivent (le Misopogon, des Orations sur la Mère des dieux et le Dieu Soleil, des Discours au sujet des Cyniques, des lettres etc.) ainsi que des écrits contemporains comme le philosophe Libanius et les partisans chrétiens Grégoire de Nazianze et Cyrille d’Alexandrie (ce dernier conserve d’importants fragments de son œuvre Contra Galileos).

Date de fête : 6 novembre (début de son règne comme césar ; il serait né soit en novembre/décembre soit en mai/juin)



Liste sommaire

Le Sénat a autorisé le culte posthume de bon nombre de personnes de la maison impériale, dont le nom reçoit dorénavant le préfixe de díuus ou díua (le divin, la divine), en commençant par le divin Jules (Jules César). Ceux qui suivent sont honorés sur des inscriptions latines :

  • Auguste (César Auguste)
  • Augusta (Livie)
  • Drusille (fille de Germanicus, sœur de l’empereur Gaïus)
  • Claude
  • Poppée Auguste (femme de Néron)
  • Claudia (enfant défunte de Néron)
  • Domitille (fille de Vespasien)
  • Vespasien
  • Titus
  • Julie (fille de Titus)
  • Nerva
  • Trajan père (père biologique de l’empereur Trajan)
  • Plotine (Pompeia Plotina, femme de Trajan)
  • Marciane Auguste (sœur de Trajan)
  • Trajan
  • Matidie (Salonina Matidia, nièce de Trajan, belle-mère d’Hadrien)
  • Sabine (femme d’Hadrien)
  • Hadrien
  • Faustine (femme d’Antonin le Pieux)
  • Antonin (Antonin le Pieux)
  • Faustine la jeune (femme de Marc-Aurèle, fille d’Antonin le Pieux et de Faustine)
  • Vérus (Lucius Vérus)
  • Marc Antonin, Marc ou Marc Aurèle (Marc-Aurèle)
  • Commode
  • Pertinax
  • Julie Domna (femme de Septime-Sévère)
  • Sévère (Septime-Sévère)
  • Pauline (femme de Maximin le Thrace)
  • Gordien
  • Dèce
  • Valérien
  • Gallien
  • Aurélien
  • Probus
  • Carus
  • Maximien
  • Galère Maximien
  • Flavius Valère Constance
  • Constantin Maxime Victor (Constantin le Grand)
  • Constance
  • Julien
  • Jovien
  • Valentinien

Antinoüs, amant d’Hadrien, recevait bien un culte sans avoir été divinisé par le Sénat. On identifie Antinoüs notamment à Osiris, mais le nouveau dieu est particulièrement susceptible à toutes sortes de syncrétisme.


Notes

En sus des sources citées ci-dessous, j’ai consulté plusieurs sources secondaires, dont notamment le site De Imperatoribus Romanis de Richard D. Weigel et les éditions anglaise et française de Wikipédia.

English (Shakespeare)
English please!
Deutsch (Goethe)
Auf deutsch, bitte!
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