BELGICA SECVNDA : BELGIQUE-SECONDE

Belgique II (carte)

Aperçu

La Belgique-Seconde s’étend de la Mer du Nord et de la Manche jusqu’à la Marne. La ville principale est Reims, chef-lieu des Rèmes (Remi), une nation très réputée pour sa fidélité à Rome. La plupart des autres peuples présentent, du moins à l’origine, un visage plutôt sauvage. Les Nerviens (Neruii, Bavay) fournissait des unités d’élite à l’armée romaine, et leurs voisins les Ménapiens (Menapii, Cassel), Morins (Morini, Thérouanne), Atrébates (Atrebates, Arras), Ambiens (Ambiani, Amiens), Bellovaques (Bellouaci, Beauvais) et Suessions (Suessiones, Soissons) ont été de redoutables adversaires à Jules César.

Les études archéologiques ont mis à jour des tas de villas soignées et prospères. Ce n’est pas une région entièrement à l’écart de la romanisation. Mais la précieuse habitude d’inscrire sur pierre est moins développée ici qu’on pourrait espérer. Ce qui est d’autant plus regrettable que cette région marque une transition entre les traditions germaniques de la Germanie-Inférieure et celles de la Gaule celtique.

Dieux attestés sur les épigraphies

Comme en Lyonnaise II, le nombre d’inscriptions religieuses est faible (je n’en compte que 33). Jupiter, Mars, Mercure et Apollon sont les dieux les plus représentés, suivant cet ordre-là. Cela est assez typique. On s’attendrait peut-être à une proportion plus élevée d’inscriptions honorant Mercure, mais peu importe.

Autel de Cernunnos
Relief monumental de Cernunnos flanqué par Apollon et Mercure.
(Musée Saint-Remi, Reims)

Mars a le surnom distinctif de Camulus ; on le trouve parfois ailleurs, mais Mars Camulus semble avoir été particulièrement enraciné en Belgique. Je compte 8 dédicaces certaines en son honneur, dont deux en Belgique-Seconde, une en Belgique-Première (à Arlon, près de la limite provinciale), et deux laissées par des citoyens rème et bellovaque. (Les trois autres sont à Sarmizegetusa en Dacie, à Mayence en Germanie-Supérieure et à Bar Hill en Grande-Bretagne.)

Veriogodumnus n’est pas un aspect d’Apollon, mais un autre dieu qui l’accompagne.

Si la Belgique-Seconde est relativement faible en inscriptions, des sites comme Reims ont livré de très intéressantes représentations. La plus remarquable, peut-être, est l’autel de Reims, dont l’iconographie est des plus riches sur des monuments gaulois. Au centre s’assied le dieu accroupi à la torque et aux cornes (bois de cerf ?) qu’on reconnaît immédiatement comme le Cernunnos du Pilier des nautes parisiens. Il tient un grand sac d’où il répand des grains, alimentant le taureau et le cerf à ses pieds. À sa droite, Apollon se tient debout, se reposant la main sur son lyre. À la gauche de Cernunnos on trouve Mercure au pétase ailé, au caducée et à la bourse. Au tympan du tout se trouve un humble rat. Ce mélange frappant d’éléments classiques et étranges serait typique de la première vague de romanisation, époque julio-claudienne. La centralité de Cernunnos, distributeur des richesses naturelles, est claire. En même temps, il s’implante entre deux des dieux romains les plus chéris chez les Gaulois.

Reims nous a livré d’autres images frappantes : des autels à un dieu à trois visages (un motif qui se trouve ailleurs en Gaule — il faut comprendre le triplisme comme une manière de souligner la puissance divine) ; des pierres phalliques à quatre faces et à trois représentations de divinités dans un style presque hallstattien ; des Mercure âgés et barbus, et ainsi de suite. La région de Belgique-Seconde a non moins livré de belles œuvres exécutées dans un style classique confiant.

Autel tricéphale
Relief d’un dieu à trois visages, liés par des yeux communs à deux visages à la fois.
(Musée Saint-Remi, Reims)
«Rigani»
Relief d’une déesse (identifiée par le musée comme « Rigani », de style très archaïque.
(Musée Saint-Remi, Reims)
Mercure et Rosmerta
Relief de Rosmerta et d’un Mercure barbu.
(Musée Saint-Remi, Reims)

Sont également typiques de la région des sanctuaires celtiques comme Ribemont-sur-Ancre ou Gournay-sur-Aronde, où l’archéologie révèle des pratiques sacrificielles ahurissantes.

Britannia
Mare Germanicum
Germania Libera
Lugdunensis II ← Belgica II → Germania Inferior

Aquitania I

Senonia

Belgica I

Notes

L’essentiel des données ci-dessus sont tirées de l’Epigraphik-Datenbank Clauss/Slaby, une ressource capitale pour l’étude des épigraphies en-ligne. J’ai collé toutes les inscriptions d’intérêt religieux des cités de la Belgique-Seconde que j’ai pu identifier : voici la liste (format texte). Si vous connaissez une inscription religieuse qui y manque, ou si vous identifiez une erreur de n’importe quelle sorte, je vous prie de m’en alerter.

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