LVGDVNENSIS PRIMA : LYONNAISE-PREMIÈRE

Lyonnaise I (carte)

Aperçu

Au cœur de la Lyonnaise-Première se trouvent la grande et prestigieuse nation des Éduens (Aedui) et la colonie romaine de Lyon (Lugdunum), « capitale » symbolique des Trois-Gaules lors de la Fête fédérale à Condate. La province est également un nœud de transports en Gaule, où plusieurs grandes routes se joignent et où la Loire, la Seine et la Saône/Rhône sont passent tout près l’une de l’autre. Toutes les conditions sont là pour une forte romanisation.

Et pourtant, au milieu des villes prospères et des voies romaines très fréquentées, des traditions gauloises restent toujours vivaces. Un bon nombre de textes en langue gauloise viennent de la région ; et les cultes des dieux celtiques sont forcément en évidence.

Outre les Éduens et Lyon, la Lyonnaise-Première incluait les Lingons (Lingones) et deux cités limitrophes de Lyon. Les Lingons, attachés jadis à la Belgique et ensuite à la Germanie-Supérieure, n’ont rejoigni la Lyonnaise qu’au IIIe siècle. Munatius Plancus avait érigé Lugdunum dans un territoire originellement appartenant aux Ségusiaves (Segusiaui). Les Ambarres (Ambarri) faisaient originellement partie de la cité des Séquanes. (Tous les trois — Ségusiaves, Lugdunum et Ambarres — allaient fusionner pour former la diocèse médiévale de Lyon.)

Dieux attestés sur les épigraphies

Comme d’habitude dans la région centrale et septentrionale, c’est Mercure qui arrive en tête. Il ne reçoit guère de surnom sauf « Auguste », qui fait le lien entre ce dieu et le culte de Rome et Auguste qui était si important à Lyon et ailleurs. On trouve l’épithète « Auguste » également chez bien d’autres dieux (Jupiter, Apollon, les Mères, Maïa, Diane, Vulcain, Damona, Isis...). Une seule inscription atteste d’un « Mercure Moccus », le dernier mot indiquant un porc en langue celtique. Si le culte de Rosmerta est plus faiblement attesté qu’autrepart, c’est peut-être parce qu’à Lyon, on préfère de la nommer Maïa (ou bien Maïa Auguste). Bon nombre de belles représentations de Rosmerta, d’Abondance, de Maïa survivent dans cette région.

Le paysage sacré exerce une influence particulière sur les dédicaces ici. Le culte d’Apollon et Damona est étroitement lié à la localisation des sources curatives. Borvon, qu’on associe à Apollon dans d’autres régions, est ici invoqué d’ordinaire comme « dieu Borvon ». Apollon reçoit d’ailleurs l’épithète Moritasgus à Alésia.

Le couple Mars (Cicolluis) et Litavis favorisé ici semble représenter l’aspect le plus belliqueux de Mars. On méprendrait sa parèdre pour une déesse de la Terre si elle n’a pas été interprété, à l’évidence, comme une Bellone gauloise. Mars Ségomon est également un aspect populaire du dieu.

Ces 301 dédicaces attestent l’importance singulière des déesses et des divinités locales. On a déjà mentionné Damona et Rosmerta. Sequana (déesse de la Seine) reçoit un culte bien doué aux sources de la Seine. La région est, après la Germanie-inférieure, le centre le plus important du culte des déesses Mères (grâce en partie, sans doute, à l’implantation des colons germains). Une autre sorte de mère est Cybèle, qu’on vénère comme la Grande Mère idéenne des dieux (une référence à ses origines phrygiennes sur Mont Ida). À Lyon et ailleurs, le culte de la Grande Mère a été subventionné par l’État et favorisé par des notables. Les pieux de cette région a honoré bien d’autres déesses à la romaine — Minerve, Fortune, Junon, Victoire, etc. La déesse Bibracte (Mont-Beuvray), Souconna (déesse de la Saône), Tutèle et peut-être Alisanos (dieu d’Alésia ?) attestent un attachement aux lieux sacrés. D’autres divinités— Ucuès, Anvallus, Maïra, Segeta, Belisamarus, Brigindu, Bacon, Bemiluciovis — démontrent la vitalité continue des traditions celtiques même au sein de cet avant-poste de la romanisation.

Senonia
Belgica I
Germania Superior
Aquitania I ← Lugdunensis I → Maxima Sequanorum

Narbonensis I

Viennensis

Alpes Graiae

Notes

L’essentiel des données ci-dessus sont tirées de l’Epigraphik-Datenbank Clauss/Slaby, une ressource capitale pour l’étude des épigraphies en-ligne. J’ai collé toutes les inscriptions d’intérêt religieux de la Lyonnaise-Première que j’ai pu identifier : voici la liste (format texte). Si vous connaissez une inscription religieuse qui y manque, ou si vous identifiez une erreur de n’importe quelle sorte, je vous prie de m’en alerter.

English (Shakespeare)
English please!
Deutsch (Goethe)
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